Dans sa structure d’origine, le Régime Écossais Rectifié comportait trois classes, deux ostensibles et une secrète :

La classe symbolique ou Ordre maçonnique

1) La classe symbolique ou Ordre maçonnique dans laquelle est conférée et conduite à son terme l’initiation maçonnique. Cette classe est elle-même subdivisée en quatre grades :

- les trois grades pratiqués dans les loges de saint Jean, dites loges bleues, en raison de la couleur de leurs décors ;

- le grade de Maître Écossais de Saint-André ou Loges Écossaises, dites loges vertes pour les mêmes raisons. Sans ce quatrième grade, l’initiation maçonnique demeure incomplète. La cérémonie de réception à ce grade récapitule et parachève le contenu initiatique et doctrinal des trois précédents et le mène à son accomplissement. Il est donné au Maître Écossais de Saint-André de contempler tout ce qui l’attend jusqu’à sa réintégration dans la Jérusalem céleste, but de l’initiation chrétienne. Ces quatre grades sont axés sur la reconstruction intérieure de l’homme par l’approfondissement de la foi et la pratique assidue des vertus chrétiennes.

Lorsque le Maître Écossais de Saint-André a atteint le degré requis de réalisation spirituelle prouvant qu’il a effectivement mis en œuvre l’initiation maçonnique, il peut avoir accès à l’Ordre intérieur.

L’Ordre Intérieur

2) L’Ordre Intérieur se subdivise à son tour en deux étapes :

- une première étape préparatoire et transitoire, celle de l’Écuyer novice. Cette qualité est conférée par la cérémonie de la vestition. En effet, l’Écuyer novice a pour unique tâche de se préparer, durant un an au moins, à devenir Chevalier mais, s’il s’y révèle définitivement inapte, il peut et, même (selon la prescription du code des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte), il doit être rétrogradé et redevenir Maître Écossais de Saint-André.

- La seconde étape est celle de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (en abrégé : C.B.C.S.). Ce n’est pas un grade, mais une qualité que confère la cérémonie d’armement. Celle-ci est en principe célébrée par le Grand Maître national et Grand Prieur en personne ou, à défaut, par un délégué désigné par lui.

Le Chevalier a le devoir d’œuvrer activement dans l’Ordre et dans le monde pour mettre en pratique les enseignements moraux, religieux et doctrinaux reçus dans les loges de saint Jean et de Saint-André, qu’il n’abandonne pas pour autant mais où il doit, à contrario, et plus que jamais, se dévouer au service de ses frères et de tous les hommes, en particulier par l’exercice de la bienfaisance.

La classe secrète de la «Profession»

3) Au XVIIIe siècle, existait en outre une classe secrète, celle de la «Profession». Les Chevaliers qui la composaient se répartissaient en deux catégories : les Profès et les Grands Profès, réunis en un Collège métropolitain. Tenus à un engagement total envers l’Ordre, sans exercer en tant que tels des fonctions de responsabilité ou de direction administratives (ces dernières incombant aux dignitaires de l’Ordre intérieur), les Profès et les Grands Profès se vouaient à l’approfondissement, par l’étude et la méditation, de la doctrine exposée dans les textes (instructions secrètes conservées par le Collège métropolitain), à charge de vivifier l’Ordre à la fois par leurs connaissances et leur exemple de vie. Cette classe a apparemment disparu ou, si elle existe encore, poursuit, comme à l’origine, une existence très discrète.

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