Rites de Memphis et Misraïm

Les rites se référant à Memphis et/ou Misraïm sont essentiellement élitistes, au sens noble du terme, non pas par le pouvoir ou la richesse, mais par la qualité intellectuelle, spirituelle et humaine du chercheur et du cherchant. On les dit « déistes », ce qui n’est pas tout à fait exact : ils sont plutôt gnostiques car ceux qui les pratiquent croient en une origine « divine » de l’univers, du créé et de l’incréé, et expérimentent que la vie humaine à un Sens car, comme le dit le Rituel, « c’est par sa conscience que l’homme est relié au divin ».

Ces deux Rites – tout comme ceux des Philalèthes, des Philosophes Inconnus du Baron Tschoudy, des Philadelphes, des Parfaits Initiés d’Égypte, des Amis du Désert - et j’en passe - se situent à part dans le monde maçonnique car leur origine n’est pas la même. En effet, le Rituel de Misraïm (« Misraïm » veut dire « Égyptiens » au pluriel) apparaît à Venise en 1788, sous l’égide sans doute de Joseph Balsamo, dit Cagliostro, qui avait fondé, en 1784, le Rite de la Haute Maçonnerie Égyptienne : la beauté de ce Rituel est éblouissante et a marqué tous les Rites se référant à Memphis et Misraïm « créés » par la suite. Dès la même date de 1788, il existe déjà 90 grades.

Un peu d’histoire : en 1798, Napoléon, entouré de nombreux maçons, en particulier Philalèthes, hermétistes, occultistes, alchimistes et théurgistes, investit Alexandrie et c’est la célèbre campagne d’Égypte. À compter de là, les Rites se multiplient dans ce même esprit.  Les Frères Bedarrides introduisent le Rite de Misraïm en France en 1814. En 1838, Marconis de Nègre fonde le Rite de Memphis, en ajoutant des aspects chevaleresques, templiers et mythiques : Carbonari et Bonapartistes seront présents dans les Loges qui pratiquent les deux Rites. En 1870, c’est la création du Rite de Memphis et de Misraïm dont la fusion ne fut définitive qu’en 1889.

L’histoire de ces Rites est tumultueuse et ils furent interdits à différentes reprises (1838 sous Louis-Philippe, 1841, Commune en 1871, montée du nazisme, mise en sommeil durant les deux guerres mondiales…) car sa dimension ésotérique a souvent dérangé. Ce qui n’empêche pas les Loges de se multiplier en Europe, en Afrique, aux États-Unis… Sans compter qu’en 1911, un traité d’amitié unit les Rites de Memphis et Misraïm avec l’Église Gnostique et l’Ordre Martiniste.

Nous y rencontrons des figures célèbres : Papus, Jean Bricaud, Constant Chevillon, Rudolph Steiner, Robert Ambelain qui créera la première Loge féminine du Rite en 1965, etc.

Si chaque Obédience a sa spécificité, aujourd’hui les Rites dits « égyptiens » n’appartiennent à aucune, bien qu’ils soient pratiqués par la plupart. C’est cette liberté qui lui permet d’éclore en de nouvelles Loges, dans un esprit tourné résolument vers la Connaissance des grandes Lois de l’Univers et du sens de la Manifestation.

Tous ces Rites égyptiens ont le même but : le perfectionnement de l’homme, l’étude des traditions à l’aide de différents outils spirituels, la quête de la Vérité à travers les sciences, les religions, les civilisations, les lois régissant la Nature, les symboles, les philosophies, afin de trouver « le retour au Principe, le passage au-delà du Manifeste et des formes », comme le dit également le Rituel.

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