Le rite, l’obédience et la loge sont des entités vivantes qui ne sauraient s’exprimer séparément tant leur union est scellée dans des moments très forts de l’histoire de la franc-maçonnerie en son ensemble. Chacune de ces trois entités a vu le jour dans des circonstances peu communes qui ont ancrées leur histoire dans la mémoire maçonnique et que nul frère ne doit ignorer sous peine de traverser son cursus initiatique les yeux éternellement bandés.

Pour diverses raisons historiques qu’il serait beaucoup trop long de développer ici, la franc-maçonnerie se partage entre différents rites et plusieurs obédiences. Celles-ci fédèrent des loges en nombre variable et ces loges rassemblent en majorité des frères, quelques autres des sœurs, d’autres enfin accueillent sur leurs colonnes des sœurs et des frères qui cohabitent dans une parfaite parité, ce problème qui préoccupe tant les institutions profanes étant depuis longtemps résolu dans le monde maçonnique. En principe, les membres de l’Ordre vont vers telle ou telle loge, telle ou telle obédience, tel ou tel rite, en raison de leurs sensibilités et de leurs aspirations. Ce choix dépend pour une large part de la manière avec laquelle ils considèrent la maçonnerie. Il arrive fréquemment, trop fréquemment, que des profanes mal informés ou mal dirigés par leurs parrains se retrouvent dans une loge qui ne répond pas à leur attente ou qu’ils pratiquent un rite qui ne leur apporte pas les satisfactions intellectuelles et spirituelles qu’ils sont en droit d’attendre de leur réception dans l’Ordre. En ce cas, il est toujours possible de demander et d’obtenir, après un certain délai, une mutation. Ce qui compte pour l’essentiel, c’est que tout frère, quel que soit son avancement dans l’Ordre et quelle que soit son aptitude à en gravir les échelons successifs, soit heureux dans sa loge.

Chaque rite maçonnique découle d’une vision initiatique particulière. Certains d’entre eux sont déistes, d’autres purement voués à la spéculation intellectuelle et philosophique, d’autres se réclament de la filiation chrétienne et, plus précisément, gnostique. Chaque obédience a sa propre marque. Certaines d’entre elles donnent la priorité à des préoccupations sociales et politiques, d’autres se tournent exclusivement vers la recherche ésotérique et spirituelle.

Comme nous le verrons dans les pages qui suivent, notre rite, notre obédience et notre loge se rattachent sans ambiguïté à la maçonnerie spiritualiste et chrétienne.

Les principales obédiences masculines sont :

 - le Grand Orient de France (GODF),

 - la Grande Loge de France (GLDF),

 - la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique – Opéra (GLTS-O),

 - la Grande Loge Nationale Française (GLNF) et

 - la Loge Nationale Française (LNF).

La principale obédience féminine est :

 - la Grande Loge Féminine de France (GLFF).

La principale obédience mixte est :

 - le Droit Humain (DH).

Les obédiences de Memphis-Misraïm ont des loges masculines, des loges féminines et des loges mixtes. En dehors de ces structures obédientielles, on rencontre quelques loges indépendantes : l’Échelle de Jacob (mixte), la Stricte Observance Templière – SOT - (mixte), Saint Jean de l’espérance, etc.

Les principaux rites pratiqués en France sont : le Rite Écossais Ancien Accepté (GLDF, GLNF, GLTS-O, DH), le Rite Français (GO), le Rite Français Traditionnel (GLTS-O, LNF), le Rite Écossais Rectifié (GLTS-O, GLNF, LNF,GLMF), le Rite Anglais de style Émulation (GLTS-O, LNF, GLNF, l’Échelle de Jacob).

Dans plusieurs passages des textes qui suivent, il sera souvent fait allusion au martinisme, tant celui-ci est lié au Régime Écossais Rectifié.

Nombreux furent les disciples de Louis-Claude de Saint-Martin et de Papus qui portèrent sur les fonts baptismaux le Régime, l’obédience et notre loge. Nous les citerons en temps utile. S’il est vrai que le martinisme n’est pas une manière de para-maçonnerie ni un système de hauts-grades se superposant, comme d’autres systèmes, aux loges bleues, il n’en est pas moins vrai que les liens qui, au fil des âges et des circonstances, ont été tissés entre la franc-maçonnerie traditionnelle et initiatique et le martinisme sont d’une force exemplaire.



[1] «Cahiers de documentation ésotérique traditionnelle – Revue du martinisme et des divers courants traditionnels», L’Initiation, 7/2, résidence Marceau-Normandie - 43, avenue Marceau 92400 Courbevoie - Téléphone : 0147818479 – Télécopie : 0147690941

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