Bereschith veut dire « genèse ». Mercavah signifie « chariot » par allusion aux roues et aux animaux mys­térieux d'Ezéchiel.

Le Bereschith et la Mercavah résument la science de Dieu et du monde.

Je dis « science de Dieu », et pourtant Dieu nous est infiniment inconnu. Sa nature échappe complètement à nos investigations. Principe absolu de l'être et des êtres, on ne peut le confondre avec les effets qu'il pro­duit et l'on peut dire tout en affirmant son existence qu'il n'est ni l'être ni un être. Ce qui confond la rai­son sans l'égarer et nous éloigne à jamais de toute idolâtrie.

Dieu est le seul postulatum absolu de toute science, l'hypothèse absolument nécessaire qui sert de base à toute certitude et voici comment nos anciens maîtres ont établi sur la science même cette hypothèse certaine de la foi : L'être est. Dans l'être est la vie. La vie se manifeste par le mouvement. Le mouvement se perpétue par l'équilibre des forces. L'harmonie résulte de l'analogie des contraires. Il y a, dans la nature, loi immuable et progrès indéfini. Changement perpétuel dans les formes, indestructibilité de la subs­tance, voilà ce que l'on trouve en observant le monde physique.

La métaphysique vous présente des lois et des faits analogues soit dans l'ordre intellectuel, soit dans l'ordre moral, le vrai, immuable d'un côté, de l'autre la fan­taisie et la fiction. D'un côté, le bien qui est le vrai, de l'autre le mal qui est le faux et de ces conflits apparents sortent le jugement et la vertu. La vertu se compose de bonté et de justice. Bonne, la vertu est indulgente. Juste, elle est rigoureuse. Bonne parce qu'elle est juste, et juste parce qu'elle est bonne, elle se montre belle.

Cette grande harmonie du monde physique et du monde moral, ne pouvant avoir une cause supérieure à elle-même, nous révèle et nous démontre l'existence d'une sagesse immuable, principe et lois éternelles, et d'une intelligence créatrice infiniment active. Sur cette sagesse et sur cette intelligence, inséparables l'une de l'autre, repose cette puissance suprême que les Hébreux nomment la couronne. La couronne et non le roi, car l'idée d'un roi impliquerait celle d'une idole. La puissance suprême est pour les kabbalistes, la couronne de l'univers et la création tout entière est le royaume de la couronne ou, si vous l'aimez mieux, le domaine de la couronne.

Nul ne peut donner ce qu'il n'a pas et nous pou­vons admettre en virtualité dans la cause ce qui se manifeste dans les effets.

Dieu est donc la puissance ou couronne suprême (keter) qui repose sur la sagesse immuable (chocmah) et l'intelligence créatrice (binah) ; en lui sont la bonté (gedulah) et la justice (geburah) qui sont l'idéal de la beauté (tiphereth). En lui sont le mouvement tou­jours victorieux (netzah) et le grand repos éternel (hod). Son vouloir est un enfantement continuel (jésod) et son royaume (malchuth,) c'est l'immensité que peuplent les Univers.

Arrêtons-nous ici : nous connaissons Dieu !

Tout à vous en la Sainte Science.

ÉLIPHAS LÉVI.

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